PHONOGRAPHÉMATIQUE CRÉOLE

Le principe de la soudure graphique

On écrit en un seul bloc les noms composés qui sont formés d'un adjectif et d'un nom. Ceci concerne essentiellement les mots composés formés à partir des adjectifs « gwo, gran, vyé, jenn, ti, mèg ». En voici quelques exemples :

tableau

Attention

Il faut faire attention à ne pas confondre entre un mot composé formé d'un adjectif + un nom et une suite tout à fait normale d'un adjectif et d'un nom totalement indépendants l'un de l'autre.

Remarque

Pour vérifier que le nom et l'adjectif sont totalement indépendants l'un de l'autre, il suffit d'appliquer un petit test syntaxique qui consiste à déplacer l'adjectif. Par exemple, à partir de la phrase « on gran kaz », on peut, en déplaçant l'adjectif, obtenir la phrase « kaz-la gran », sans que le sens ne change, ce qui montre bien que le nom et l'adjectif sont indépendants. Par contre, à partir de la phrase « on vyékò », on ne peut pas obtenir « kò-la vyé » : ceci montre que « vyékò » forme une seule unité où l'adjectif et le nom sont indissociables et où la réunion des deux donne un sens nouveau, car un « vyékò » n'est pas un « vieux corps », mais un « vieillard ». De même, « granmoun » est « un adulte » et non pas une « grande personne » au sens littéral, c'est-à-dire pas une personne qui serait physiquement grande.

Un deuxième test consiste à pouvoir placer, devant l'adjectif qui précède le nom, un autre adjectif de sens opposé. Si cela est possible, c'est que la suite adjectif + nom est composée et si ce n'est pas possible, l'adjectif et le nom sont indépendants. Par exemple, devant « vyékò », on peut rajouter « jenn » qui est le contraire de « vyé », ce qui donne « on jenn vyékò » (un jeune vieillard). Par contre, avec « gran kaz » (grande maison) on ne peut pas rajouter un adjectif qui serait contraire de « gran », et on ne peut donc pas avoir « on piti gran kaz », ce qui indique que « gran » et « kaz » sont indépendants.

On écrit aussi en un seul bloc les noms se rapportant à l'heure en créole :

tableau

De même, on écrit en un bloc les noms se rapportant à l'âge :

tableau

On peut aussi marquer l'âge en rajoutant « lanné » après le chiffre, et écrire « on lanné » (un an), « senk lanné » (cinq ans), « dis lanné » (dix ans), « ventéen lanné » (vingt et un ans), « karandé lanné » (quarante-deux ans), swasanndouz lanné » (soixante-douze ans), katrèvendouz (quatre-vingt-douze ans) lanné », etc.

Par ailleurs, on écrit en un seul bloc certains mots créoles qui proviennent du français et qui correspondaient à deux unités distinctes en français, mais forment une seule unité morphosyntaxique en créole, suite à un phénomène d'agglutination. On note parmi ceux-ci : pwennbik (bic), lapli (pluie), lari (rue), lokèt (hoquet), létè (éther), lanmwè (armoire), lanmè (mer), labitid (habitude), labé (abbé, prêtre), diri (riz), monpè (prêtre, père), monfrè (moine), masè (religieuse), anba (sous), anwo (en haut), anlè (sur), adan (dans), andidan (dedans, intérieur), onlo (beaucoup), etc. S'agissant par exemple de « onlo » qui veut dire « beaucoup », il ne faut pas le confondre avec « on lo » qui veut dire littéralement « un lot » : « onlo zé » (fr. beaucoup d'œufs) est différent de « on lo zé » (fr. un lot d'œufs, c.-à-d. 6 œufs). On remarquera que les items concernés correspondent souvent à des suites issues du français combinant un déterminant et un nom.

PrécédentPrécédentSuivantSuivant
AccueilAccueilImprimerImprimer PaternitéRéalisé avec Scenari (nouvelle fenêtre)