La communication engageante théorie et applications

Les variables objectives et déclaratives

Définition

Les variables objectives concernent les comportements effectifs. Elles sont recueillies par observation directe. Par exemple : être ancré ou pas dans l'herbier de posidonie. Avoir acheté (ou pas) un produit avec écolabel.

Les variables déclaratives ne concernent pas les comportements effectifs mais ce que disent les personnes interrogées à propos de leurs comportements effectifs. Par exemple : dire que l'on recherche les zones sablonneuses pour ancrer, dire que l'on utilise des produits avec un écolabel.

Complément

Ces derniers résultats[1] soulignent l’efficacité de l’action des ambassadeurs visant à apporter aux usagers de la mer de meilleures connaissances sur le milieu marin et sur l’impact des comportements humains sur ce milieu.

L’ancrage (variable objective) et la recherche de zones sableuses (variable déclarative).

En ce qui concerne l’ancrage, en 2006, les résultats ne sont pas probants (55,6 % des usagers ancrés dans le sable dans le groupe expérimental sur 19 usagers vs 55,9 % dans le groupe contrôle sur 143 usagers interrogés).

Ils le sont, en revanche en 2007, les usagers du groupe expérimental ayant été significativement plus nombreux (p<.05) à ancrer dans le sable (75,5 %, sur 106 usagers) que les usagers du groupe contrôle (60,2 %, sur 93 usagers. De plus, en 2007, on observe, sur l’ancrage, un effet à court (durant la même saison estivale), mais aussi à plus long terme (un an plus tard).

En effet :

1/ les usagers qui se sont engagés en 2007 ont été plus nombreux (p<.08) à ancrer dans le sable (82,4 % sur 17 usagers interrogés) que les usagers du groupe contrôle (60,2 % sur 93 usagers interrogés).

2/ les usagers qui se sont engagés en 2006 ont également été plus nombreux (p<.09) à ancrer dans le sable en 2007 (74,1 % sur 54 usagers) que les usagers du groupe contrôle (60,2 % sur 93 usagers).

Les mesures déclaratives vont d’ailleurs dans le même sens : les usagers de la mer du groupe expérimental déclarent rechercher plus souvent une zone sableuse pour l’ancrage, tant en 2006 (score de 2,33 sur 18 usagers) qu’en 2007 (score de 3,60 sur 168 usagers), que les usagers du groupe contrôle (respectivement : en 2006, score de 2,01 sur 96 usagers, ns ; en 2007, score de 3,11 sur 123 usagers, (p<.0001).

Remarque

Les usagers pouvaient obtenir un score allant de 1 à 4 (plus le score est grand, plus la personne déclare rechercher une zone sableuse).

L’utilisation de détergents éco-labels (variable objective).

Par mesure de précaution, les ambassadeurs demandaient aux usagers des deux groupes (expérimental et contrôle) de leur montrer les détergents éco-labels qu’ils déclaraient utiliser : 46,4 % des usagers ayant déclaré utiliser ces détergents ont été en mesure de montrer les détergents en question.

Si à nouveau en 2006, les résultats allaient dans le sens attendu sans atteindre la significativité statistique, en 2007, les résultats s’avèrent statistiquement significatifs : les usagers du groupe expérimental furent plus nombreux à utiliser un détergent éco-label (56,6 %, sur 152 usagers) que les usagers du groupe contrôle (24,3 %, sur 107 usagers ; ( p < .0001).

De plus, en 2007, on observe, sur l’utilisation de détergents éco-labels :

1/ un effet à court terme : les usagers qui se sont engagés en 2007 ont en effet été plus nombreux, durant la saison estivale, à utiliser ces détergents (60 % sur 20 usagers) que les usagers du groupe contrôle (24,3 % sur 107 usagers) ( p = .0012) ;

2/ un effet à plus long terme : les usagers qui se sont engagés en 2006 ont également été plus nombreux à utiliser ces détergents (58,8 % sur 80 usagers) que les usagers du groupe contrôle (24,3 % sur 107 usagers) ( p < .0001).

L’utilisation de savon naturel (variable objective)

En ce qui concerne le savon naturel, que ce soit en 2006 ou en 2007, les usagers du groupe expérimental ont été significativement plus nombreux à utiliser du savon naturel (en 2006, 80 % sur 15 usagers ; en 2007, 52,9 % sur 157 usagers) que les usagers du groupe contrôle (respectivement : en 2006, 36 % sur 136 usagers, ( p < .001) ; en 2007, 39,6 % sur 106 usagers, ( p < .05).

En 2007, on observe en outre un effet à long terme : les usagers qui se sont engagés en 2006 ont été plus nombreux à utiliser du savon naturel (54,4 % sur 79 usagers interrogés) que les usagers du groupe contrôle (39,6 % sur 106 usagers interrogés) ( p = .0459).

Même si les résultats vont dans le sens attendu, on n’observe pas d’effet statistiquement significatif à court terme (47,8 % sur 23 usagers interrogés, dans le groupe expérimental des usagers engagés en 2007, vs 39,6 % sur 106 usagers interrogés, dans le groupe contrôle).

Connaissances des usagers

En 2006, les usagers du groupe expérimental ont obtenu un meilleur score de connaissance (score de 2,77 sur 18 usagers interrogés) que ceux du groupe contrôle (score de 1,95 sur 87 usagers interrogés) ( p < .001).

Remarque

En 2006, les usagers pouvaient obtenir un score de connaissance allant de 1 à 4 (plus le score est élevé plus les connaissances sont grandes).

En 2007, les usagers du groupe expérimental ont également obtenu, globalement, un meilleur score de connaissance que les usagers du groupe contrôle, respectivement : ( p < .0001) ; et plus précisément :

• qu’il s’agisse de la connaissance des fonds de mouillage (respectivement : ( p < .0001),

• des précautions à prendre en relevant le mouillage (respectivement : ( p < .0001),

• de l’herbier de Posidonie (respectivement : ( p < .001),

• de l’intérêt des éco-labels (respectivement : ( p < .0001),

• ou de l’impact des sacs plastiques sur l’environnement (respectivement : ( p < .0001).

Remarque

En 2006, les usagers pouvaient obtenir un score de connaissance allant de 0 à 2 (plus le score est élevé plus les connaissances sont grandes).

  1. Significativité des résultats

    Un résultat est dit significatif lorsqu'il y a très peu de chances que ce même résultat ait été produit par le hasard (si moins de 5% de chance, cela s'écrit : p<. 05, si moins de 1% de chance, cela s'écrit : p<. O1, etc.). Les chercheurs se servent d'outils statistiques pour connaître ces seuils de significativité.

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